The Restoration of Bettina Rheims’s Early Prints

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The 21 December 2025

How can you restore damaged photographic prints without compromising the original work? 

This video documents the conservation and restoration work on Bettina Rheims’s gelatin-silver prints, carried out by Lucille Bonnier in collaboration with the Institut pour la photographie. Through demonstrations, analyses, and archival images, she explores the challenges of photographic restoration, the memory of the works, and their transmission, with contributions from Gabrielle de la Selle, curator of the photographic archives at the Institut pour la photographie.

The Institut pour la photographie preserves, studies, and promotes photographic collections, and supports research, restoration, and outreach projects related to the image.

 


↘︎ Production : Déroute videos 

↘︎ Music : Borrtex, Nadir Demir 

↘︎ Coordination : Victor Pacula 

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La chose qui m'a le plus marqué lorsque j'ai vu les photographies pour la première fois, c’est la manière dont les dégradations sont présentes sur les photographies. Je pense par exemple à un portrait de Violetta Sanchez en particulier sur lequel l'altération donc la lacune de l'image reprend et épouse la forme de son épaule. Et donc, on a quelque chose qui est vraiment esthétique, où la dégradation rentre avec la lisibilité de l'image. 

Lucille Bonnier nous a contacté dans le cadre de sa dernière année d'études à l'Institut national du patrimoine, en spécialité Photographie. Il se trouve qu'on avait ces boîtes de photographies de Bettina Rheims dont on conserve le fonds. C'est deux boîtes de 877 tirages qui avaient été dégradés dans les années 90 par un dégât des eaux. 

Le corpus « Mes premières photos » n'avait été ni récolé ni inventorié en raison de son état matériel très dégradé. Et donc moi, la première étape et le premier travail qui a été réalisé avec Gabrielle de la Selle, a été d'étudier ce corpus pour comprendre l'état de dégradation des photographies qui le constituent. A l'issue de cette étude, j'ai sélectionné cinq photographies qui sont à la fois représentatives de l'état matériel de l'ensemble, mais aussi de l'iconographie qui est représentée par Bettina Rheims. 

On utilise l'inspection sous lumière UV pour voir des choses qu'on ne verrait pas à l'œil nu. Après, ça explique pas forcément tout, mais ça permet par exemple de vérifier si, quand il y a des moisissures, les moisissures, généralement elles fluorescent en lumière UV. Là, par exemple, ces petites taches là, ça pourrait être des résidus d'une activité fongique. Ça, c'est un premier indicateur pour se dire OK, donc là j'ai eu un dégât des eaux, j'ai des taches. Est ce que c'est actif ou pas ? Si c'est actif, il y a un danger que ça prolifère. 

L'objectif des interventions que j'ai menées, c'était vraiment de stabiliser les altérations en cours, de minimiser l'impact visuel avec des interventions qui soient les plus discrètes possibles en quelque sorte. 

La première étape a été le dépoussiérage des photographies. Après ce dépoussiérage, ça a été possible de stabiliser les zones dégradées et donc notamment les parties qui pouvaient se détacher des photographies. Donc les parties les plus instables, plus virulentes et poudreuses en quelque sorte du papier ou de la couche image. 

Pour réaliser la consolidation de la couche image qui a été altérée par le dégât des eaux, j'ai fait une étude expérimentale sur d'autres éprouvettes d’autres types de papier argentique qui sont très similaires à ceux employés par Bettina Rheims. Et donc j'ai fait des comparatifs d'adhésif et de mode d'application appliqués sur ces éprouvettes pour observer le résultat à la fois de la brillance et de la tenue mécanique de la consolidation pour ensuite appliquer le protocole sur les photographies. 

À l'issue du dégât des eaux, les photographies présentaient un fort gondolement donc les photographies ont été mises à plat. Une mise à plat, c'est mettre une photographie humide, qui a été humidifié en enceinte d'humidification par des vapeurs saturées en eau sous poids et sous presse. Donc avec un certain poids relativement lourd pour que les photographies, lorsqu'elles sèches, soient contraintes. 

La dernière étape de restauration, donc, ça a été le comblement des lacunes, à savoir que lors du dégât des eaux, il y a eu donc des pertes de la couche image, mais aussi du papier. Et donc l'objectif de cette étape était de restituer les lacunes du papier en venant combler les zones avec du papier japonais dans le but de restituer l'aspect et la forme des objets. 

On a choisi de monter les photographies avec des charnières sur un carton, donc on appelle ça un montage avec des charnières traversantes où le carton a été incisé au dos et donc des charnières en papier japonais ont été fixées au verso du tirage et qui sont fixées de l'autre côté du carton. 

L'idée avec le montage, c'était de pouvoir les rendre bien plan tout en les maintenant et qu'ils soient stabilisés avec quelque chose qui soit invisible de face et qui puisse être posé sous une vitrine, par exemple. Tous les traitements de conservation restauration qui sont réalisés sur des œuvres ne permettent pas de retrouver un état antérieur des photographies. 

On ne va pas annuler ou rendre réversibles des processus de dégradation. L'objectif principal est de stopper les évolutions de ces dégradations. Sur ces photographies, par exemple, on a des zones qui sont extrêmement lacunaires de l'image et donc des pertes de lisibilité des photographies. Nous, dans notre cas, l'objectif était vraiment de garder et de conserver la matérialité de la photographie et ce qu'elle a vécu aussi. Donc le dégât des eaux qui a eu lieu à un moment donné sur ces œuvres, fait partie de la matérialité et de leur histoire. Et l'intérêt, c'est vraiment de garder cette matérialité là et de ne pas chercher à retrouver un état antérieur. 

Il s'est avéré que ces tirages qui étaient des tirages de travail de Bettina Rheims et qui ont été restaurés par Lucille, ont pour nous une grande valeur puisque ce sont les premiers tirages de Bettina Rheims. Ce sont les premiers tirages qu'elle a fait à la fin des années 70, donc en 1979, et ça permet de mieux comprendre le début de sa carrière. Donc pour nous, ça a aussi un intérêt de voir comment elle tirait ses photographies, puisque parfois pour chaque image, on peut avoir plusieurs exemplaires dans différentes valeurs. Et de voir aussi le processus de tirages et tous les tests qu'elle pouvait faire finalement. 

La valorisation, elle passe aussi par notre catalogue des fonds en ligne que l'on a sur le site internet de l'Institut. Donc on inventorie les photographies et ensuite on les numérise et on verse ça sur notre catalogue en ligne. Ça permet un accès au public des œuvres, donc chacun peut s'en emparer et pour nous, ça permet de moins manipuler aussi physiquement les œuvres puisqu'elles vont avoir une version numérique. Mieux comprendre et connaître les œuvres, ça permet aussi de mieux les valoriser et d'en parler pour faire naître des projets comme des projets pédagogiques et de transmission artistique et culturelle.

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