Openfolio #4

Sidonie Hadoux

I didn’t want to be a notification

La série I didn’t want to be a notification traite des relations amoureuses à distance, à l’heure des réseaux sociaux. 

Cette installation photographique retrace un échange épistolaire amoureux virtuel de ses débuts à sa fin. Elle dévoile nos désirs, nos frustrations, nos amours, nos jouissances, nos doutes, nos errances. L’intimité des mots est doublée par l’intimité du corps, du mien. Un corps qui tente de faire sans le corps de l’autre. Un corps frustré. Un corps qui tente de fusionner à tout ce qui lui reste : des mots sur un écran de téléphone. Mes autoportraits sont transférés directement sur des extraits de notre discussion whatsapp.

À travers cette installation, je raconte une expérience de dislocation corporelle. Il suffit parfois d’une rencontre pour déplacer chacune de nos cellules. Et quand on vit dans deux endroits géographiquement éloignés, la distance sépare les corps. Le manque s’érige en frontière et dessine une géographie du vide. L’expérience de l’absence tiraille le ventre et dissout les veines.

Pendant les séparations physiques, je me raccroche aux textos que je reçois. Notre relation se résume pendant de longs mois à des messages via l’application whatsapp. D’abord, on s’en contente. On s’aime virtuellement, on s’appelle, on s’écrit, on s’excite, on jouit. Le rythme de ces messages ponctue mes journées. Puis, les échanges se font plus rares, plus froids. La distance prend le dessus. Elle s’impose. 

J’ai l’impression d’être devenue une notification sur le téléphone d’un étranger. Je ne veux pas devenir une notification. Je signe la fin de la correspondance - et de la relation. Avec cette série, je questionne notre rapport au corps, à la sexualité, au désir, au manque, à la frustration sexuelle.

Comment nos corps s’adaptent à l’éloignement géographique ?
Comment expérimenter nos désirs quand la relation est virtuelle ?
Comment les kilomètres fracturent nos intimités ?

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