Sarah Ritter
Biographie
Sarah Ritter
L’ombre de la terre est un projet sur la durée qui s’origine dans l’exploration des chaînes de production des connaissances contemporaines. Un premier chapitre s’est concentré sur la recherche en optique, à l’exploration de la lumière comme outil, comme objet de recherche et comme enjeu industriel.
Les « laboratoires » sont vus comme des espaces de mises en scènes, des espaces de production de fictions. Un pont s’est opéré entre la recherche océanographique et la recherche optique. Les «profondeurs» de l’océan répondent aux montagnes, qui se sont élevées depuis le fond des océans anciens. Après la lumière comme objet, le second chapitre de L’ombre de la terre se concentrera sur les profondeurs : terrestres et maritimes.
La photographie a participé à l’entreprise de réduction de la terre à un espace calculable, quantifiable, homogène et indifférencié. En ce sens, elle est sans doute un des outils les moins bien placés pour produire un espace d’altération de l’ordre capitaliste – pour produire de l’hétérogène au sein de l’espace calculable et calculé. Mais à la suite de Flusser, Sarah Ritter pense qu’il est possible d’utiliser la photographie pour ouvrir des brèches, trouer les cartes, obscurcir l’horizon transparent et numérisé.
Photographier est ici une poétique du regard. Comment par la photographie proposer d’autres mouvements au regard que celui d’une reconnaissance rassurante et bordée ?
Ce chapitre comme le premier aura plusieurs sources, avec différent.e.s compagnes et compagnons de route, comme le département d’océanologie de l’université de Lille, sa plateforme technologique, les Archives nationales du monde du travail, et Elsa Dorlin avec laquelle l’artiste partira en Guyane, première région française d’extraction minière contemporaine.