Margaux Lavernhe
Biographie
Margaux Lavernhe
Portraits collectifs d’Africain(e)s dans l’Angleterre des années 1960
Ce projet s’intéresse à la formation d’une esthétique du chez-soi au sein des communautés diasporiques d’Afrique de l’Ouest présentes à Londres dans les années 1960.
La décennie est marquée par un paradoxe : d’un côté, le durcissement des politiques d’accueil de populations issues de l’ancien empire colonial britannique ; de l’autre, les premières manifestations d’un multiculturalisme dont Londres deviendrait, durant les deux décennies suivantes, une capitale mondiale.
Si la présence caribéenne, ses expressions culturelles et les frictions qu’elle occasionne dans la définition de la Britannicité ont été largement prises en charge par les travaux en histoire sociale, culturelle et visuelle, plus rares sont ceux qui ont envisagé spécifiquement les migrations ouest-africaines, essentiellement nigérianes et ghanéennes. Or, la mise en œuvre d’un récit visuel par les présences africaines dans l’Angleterre des années 1960 a reposé sur de nouvelles esthétiques photographiques du portrait de groupe.
Ce projet abordera la question des représentations collectives dans l’expérience de la diaspora africaine à travers la notion de foyer, compris à la fois comme rapport à l’espace et comme construction symbolique. Poursuivant l’idée que les photographies prises en contexte domestique sont produites, regardées et mises en circulation, non pas seulement pour représenter le foyer, mais pour le faire advenir, Margaux Lavernhe s’appuie sur un corpus photographique inédit où se met en scène l’être-ensemble africain, en vue de performer l’idée du chez-soi dans un contexte diasporique.