Bourse 2022

Livia Melzi

Tupi or not tupi

Ce projet suit l’histoire de onze manteaux sacrés, appartenant à la tribu indienne Tupinamba et retirés du Brésil durant les premiers siècles de sa colonisation. 

Ces manteaux étaient portés à l’occasion de rituels anthropophages, pratique guerrière qui fondait la dynamique culturelle de cette tribu, basée sur la vengeance. Le motif de l’anthropophagie, notamment depuis la publication du Manifesto Antropófago (1928) écrit par Oswald de Andrade, parcourt l’imaginaire brésilien, comme un territoire capable d’accueillir des gestes plastiques pluriels, questionnant l’identité brésilienne et sa rencontre avec l’autre. 

La recherche accueille un ensemble d’objets hétéroclites : une série photographique en cours de ces onze manteaux dans leur contexte actuel de conservation, leurs archives, une série de cahiers de recherches ainsi que d’autres images liées à l’histoire occidentale de ces artefacts. Ces éléments sont une source de réflexion et de production pour construire différents récits visuels et questionner la persistance de certains schémas de pouvoir dans le monde contemporain.

L’épilogue de cette recherche se concentre dans le développement d’un dialogue photographique avec Glicéria, leader indigène Tupinambá qui, depuis 2019, mène un travail de réappropriation de l’identité de son peuple, dans lequel la place des manteaux est centrale. C’est à partir d’un ensemble d’archives photographiques que le savoir-faire des manteaux est transmis, restitué aux descendants tupi. Glicéria utilise ce matériel et produit également ses propres images. 

Dans un geste de rupture, elle propose son propre récit visuel sur « le grand retour du manteau tupinambá ».

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