Openfolio #2

Mathilde Coquel

Architecture : Approche de l’espace

Street photographie : Approche de l’éphémère dans l’inhabituel / Enfance : Approche de l’identité – l’enfance mise à nu

La vie regorge de géométrie spatiale. La beauté du quotidien, dans l’omniprésence des rythmes, des symétries, asymétries, se construit par des combinaisons de lignes, de contrastes, de formes et de dynamiques. 

Mon regard se porte sur la force des éléments pour eux-mêmes. J’observe l’environnement dans/sous/sur toutes ses facettes. La lumière dessine d’elle-même les volumes, comme si elle les portait. La modernité de l’espace se révèle. J’ai une profonde intimité avec le minimalisme et le dénuement. Il arrive que des personnages « habitent » mes clichés. Ils apportent une énergie, un mouvement, dans l’immobilité des éléments architecturaux. La question du rapport de l’humain, ou de son intervention dans l’espace se pose. Quelle place prend l’être humain dans son environnement ? Quelle place prend l’environnement dans nos vies ?

La série Street Photographie est un travail de spontanéité. Le noir et blanc s’impose naturellement dans mes clichés, ce qui permet de se concentrer selon-moi sur l’essentiel. Pris sur le vif, mes clichés offrent une dimension sociale, croisant photographie de reportage et photographie humaniste. Une quête de la beauté à travers une captation de l’inattendu. L’Homme est présent partout, directement ou indirectement. Dans la rue, il est anonyme. Mon travail interroge nos habitudes, notre quotidien et nos modes de vie. Il décrit des scènes de vie à travers des compositions puristes, une approche qui nécessite une observation « rapide » des scènes marquantes. Cet exercice questionne l’immédiateté, l’instantanéité, la vitesse: la notion contemporaine du temps. Il s’agit là d’immortaliser, de figer une effervescence, un instant unique dans un cadre habituel de nos vies.

La série Enfance a pour intention de retrouver le premier « visage » du sujet -peut-être celui du nourrisson- son innocence, de le dérober à son état de nature. Certains clichés apportent une sensibilité à la personnalité intérieure du sujet, en tant “qu’être absolu”. Il boude, éternue, se blesse, joue, rit… La photo reflète une image qui dérobe une vérité de l’enfant photographié. Il est brut, spontané, et nous offre une beauté sans détour. Tête à tête. Mon travail, en interaction avec le sujet, révèle non seulement de la personne, mais également de notre rencontre. L’enfant sait qu’il est photographié. Un jeu s’instaure alors entre nous. Mes clichés, sous forme d’identification poétique, décrivent la profonde intériorité du monde qui habite le sujet. Ce dernier n’est ni modelé, ni corrompu par l’extérieur. Il a donc la possibilité, dans cet espace et cet instant, d’être lui-même. Une opportunité d’être vu et reconnu à travers un regard.

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