Yasmina Benabderrahmane
Biographie
Yasmina Benabderrahmane
Lutte travail comme un fasciste
Carne Vale, lutte travail comme un fasciste est un projet protéiforme. Il est né d’un échange avec Sœur Solange et plus particulièrement d’une diapositive d’un tag des années 70 qui a amené Yasmina Benabderrahmane à Rome, parcourir les grandes manifestations religieuses, païennes et politiques.
« Chez moi, les murs sont magnétiques, chaque portion libre peut recevoir une projection, un souvenir, un tirage ou un fantasme. »
Pour Carne vale, elle décline des formes qui se confondent et se déploieront dans l’espace d’exposition à la manière d’une cartographie imagée et d’une performance contée. Il y a les archives de Sœur Solange, les images que Yasmina a réalisé en Italie dans les couvents et sur la place publique, les mots qui les tissent.
Tout y est histoire de transformation mystique, poétique, cutanée, intime et architecturale. La pellicule conjugue les terrains et les époques. Du plissé du marbre filmé d’une statue en extase à la tempe battante d’une militante photographiée en plein discours, se dégage la même sensation d’éternité. Et s’il se jouait entre notre regard et le procédé photosensible, depuis l’apparition de la première image, jusqu’aux flux d’images numériques, quelque chose de beaucoup plus viscéral qu’une simple consommation visuelle ? Il s’agit peut-être d’une réflexion physique sur la révélation. C’est cette question que le mur reçoit et qu’il pose, tout en contamination.