Marie Blanc
Biographie
Marie Blanc
Vendre, montrer, raconter le voyage en Tchécoslovaquie par le paysage photographié
La notion de récit est au coeur des publications touristiques : récit de voyage, récit de proximité ou d’exotisme, récit de bonheur touristique, sans oublier récits économique et politique.
À partir de ce constat, ce projet de recherche se penche plus précisément sur les images de paysage présentes à la fois dans des publications touristiques et des carnets de voyage privés, dédiés à la Tchécoslovaquie et produits pour ou par des voyageurs étrangers, pendant la guerre froide.
Ce projet cherche d’abord à identifier comment les différents récits touristiques peuvent se manifester et se lire dans la photographie de paysage. Au fil des pages, celui-ci a une place prépondérante : il donne à voir, décrit, raconte ou sert à promouvoir la destination. En confrontant éditorialisation et albums personnels, il s’agit de mettre en évidence des traits stylistiques et discursifs communs aux photographies de paysage, qui ici encadrent autant qu’elles informent l’expérience individuelle des voyageurs. Les différences de mises en images des paysages naturels et urbains, qui ne sont pas porteurs des mêmes récits, seront notamment analysées.
Un autre aspect de ce projet de recherche examine les circulations de ces photographies, circulations entendues à la fois du point de vue médiatique (du livre photo-illustré aux albums photographiques de voyage) et géopolitique (d’un espace à un autre). Dans le contexte de conflit idéologique entre états socialistes et capitalistes, il s’agit d’explorer l’hypothèse de la photographie de paysage comme lieu d’observation de la porosité entre « Est » et « Ouest ». Le paysage photographié est-il le lieu d’un affrontement idéologique ou bien celui d’un partage stylistique et générique ? En somme, existe-t-il un paysage socialiste ?