Bourse 2022

Émilie Goudal

Dans l’oeil d’Agnès Varda

« Suivre tous les désordres et les charmes de la décolonisation »

Dans un entretien datant de 1977, la cinéaste et plasticienne Agnès Varda (1928–2019) lie « les désordres et les charmes de la décolonisation » aux luttes émancipatrices féministes, énonçant une approche intersectionnelle avant la lettre. 

Centré sur le travail photographique de l’artiste, comme source première, ce projet est une étude de la production visuelle d’Agnès Varda en écho des pulsations féministes, anti-impérialistes et antiracistes affirmées à l’échelle individuelle et collective. Entremêlée aux dires, oeuvres et écrits de l’autrice, mais aussi à d’autres archives visuelles et textuelles des luttes émancipatrices (Musée du Quai Branly, La Contemporaine, Cinémathèque…), l’étude du corpus photographique inédit, conservé à l’Institut pour la photographie, pourrait trouver des points de convergences visuelles et conceptuelles propices à l’émergence possible d’une Aesthesis de l’émancipation. 

Penser ces « désordres charmants » comme fil rouge dans ce corpus tracera possiblement des correspondances avec d’autres cinéastes, photographes et militant(e)s internationaux(-ales) qui d’Alger à Paris et des États-Unis à Cuba ont porté un regard autre, si ce n’est constitué collectivement une déconstruction, une résistance, par l’image. 

Les photographies d’Agnès Varda seront donc connectées à des images engageant en contre point d’autres imaginaires face à une certaine visualité latente, forgée par des dominations politiques plurielles.

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